Il était une fois des Princes « Charmants ».
Le Prince Prédateur : Des princesses, il s'en ai fait des paquets. Il est sûr de lui. Tellement sûr ! Son sourire est carnassier, il sait qu'il est beau (parfois il est le seul à le savoir !). Celui-là ne prendra pas la peine d'éveiller la jeune princesse d'un doux baiser, il n'attendra pas son éveil sensuel pour se la faire. Son credo ? Chiffre et performance. Mais même au pays des contes de fée, on vieillit et ce dernier ce retrouvera la quarantaine bedonnante avec son sourire flétri essayant de draguer une jeunesse méprisante. Et oui, il n'y a pas que pour les princesses que le réveil est parfois douloureux.
Il existe aussi le Prince « pas-de-bol » : Lui, il est resté coincé dans les ronces donnant accès à ton château. Sa maladresse est légendaire tout autant que sa timidité. Il fait souvent parti de ceux qui t'ont toujours aimé mais ne te l'avoueront jamais. Il se rendra malade de te voir te perdre dans ta vie affective, te faire avoir. Mais il est persuadé de ne pas te mériter. Et à ce train là, prince et princesse ne sont pas prêt de trouver le bonheur.
Et puis, il y a LE Prince, et oui, il paraît qu'il existe ! Le Prince Charmant fait pour toi. Tout son être concorde avec ta légende. Ses forces sont tes faiblesses et inversement. Une perfection faite pour toi, il ne sera pas parfait aux yeux des autres puisqu'il l'est pour toi ! Il parait que ça existe.
J'espère qu'on nous a pas gavés de contes de fée niais durant l'enfance pour se rende compte une fois adulte que ce ne sont que des conneries destinées à te doper, t'aveugler, pour que tu continues à avancer. Comme une bête menée à l'abattoir à qui on promet monts et merveilles juste pour lui faire passer la pilule. Ta vie est merdique aujourd'hui ? Oui, mais un jour, tu trouveras le bonheur, l'amour... Et puis, arrive le jour de ta mort et tu te rends compte qu'ils se sont bien foutu de ta gueule, que tu as vécu seulement tenu par cet espoir. En vain, ils t'ont fait croire, en vain tu as voulu y croire.
Mais quelle conne !
Pourtant j'y crois à chaque fois, à chaque regard croisé, à chaque amant volatilisé. Aujourd'hui encore, je viens dans ce parc, m'installe, bouquine. Un mot. Un seul mot dans mon livre et mon esprit s'évade. Mes réflexes de princesse reprennent le dessus. J'imagine. Il se promène, me voit de loin absorbée par ma lecture. Il s'assied de l'autre côté de la fontaine et me fixe. Il se dit que si je lève la tête, là maintenant, c'est que je suis la femme de sa vie, que la magie existe. Je lève la tête. Mais la chaise est vide. Mon c½ur se serre. Encore un coup pour rien.
Ma vie se résume assez bien par cette phrase. Je tire des coups pour rien. Sur tous les amants que j'ai eus, il n'y en a que trois avec qui j'ai couché plus d'une fois, ce qui ne signifie même pas que c'était sérieux avec ceux là. Que c'est pitoyable, quelle traînée diront certains. Oui. Si vous voulez. Je respire la sexualité. Ma bouche, mes cheveux sont un appel érotique. Lorsque je regarde un homme dans les yeux, il voit le reflet de sa future jouissance. Je ne suis vierge que du « Je t'aime ». J'aime à croquer les Adams. Car le jour où mon Prince Charmant sera là, il sera l'unique. Si toutefois il arrive un jour. Je ne suis pas à cheval sur les détails. Pas d'obligation d'avoir un cheval blanc, ni un royaume fort fort lointain. Juste lui et son sourire.
Aucune bonne fée ne s'est penchée au-dessus de mon berceau. La rondeur de mon visage n'a rien d'angélique. Je n'ai de la blondeur règlementaire que les bêtises qui sortent parfois malgré moi. La candeur niaise des princesses, je l'ai perdu en étant diagnostiquée surdouée à l'âge de treize mois. Quand au physique svelte et longiligne de ses dernières, je n'en ai que le projet . Nos seuls points communs sont les épreuves, les malédictions que nous devons affronter pour mériter l'amour. Je les ai relevés, affrontés mais toujours toute seule. Aucun héros n'éclaire mon ciel. Aucun qui me donne de l'amour, seul ceux qui me font l'amour existe pour le moment. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être un produit de consommation. La princesse en barre : tu achètes, enlèves le papier, tu manges et tu jettes l'emballage. Aucun autre devoir, aucune obligation.
Et je souris en disant : « T'inquiètes. Je ne t'en voudrais pas ! ».
Menteuse !
Vous devez me trouver amer, triste, peut-être vulgaire. Mais je vous jure que j'y crois encore. Et comme le dit ma copine Blanche Neige : « Un jour mon prince viendra... »
Il sera celui à qui j'offrirai mon c½ur sans autre artifice. Et ce jour là, vous pourrez lire : Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.

